LACAN ET
LE RENOUVELLEMENT DE LA CLINIQUE PSYCHANALYTIQUE[1]
Je
voudrais d’abord remercier Alain Didier-Weill et le Mouvement du Coût Freudien
de l’invitation qui a été faite à moi et à mon ami Luciano Elia, pour
participer de ce colloque et présenter ainsi un peu de notre expérience, de ce
que nous partageons avec nos collègues brésiliens. Étant donné l’étendue
continentale de notre pays, je voudrais que ce que je vais vous exposer soit
entendu comme le fruit d’une expérience propre à Rio de Janeiro, car
l’enseignement de Lacan s’est introduit dans d’autres villes brésiliennes selon
d’autres conditions, à partir de caractéristiques propres au moment vécu par le
mouvement psychanalytique dans chaque région. Il faut néanmoins souligner que
Rio est dans le contexte brésilien la ville où la transmission de Lacan s’est
produite avec le plus de force; rappelons que dès 1979 paraissent divers travaux de Lacan, ainsi
que d’auteurs lacaniens, publiés par une grande maison d’édition de Rio, Jorge Zahar.
Je n’ai pas restreint mon rapport à
l’aspect historique du thème, dont je ne donnerai que quelques
indications, souhaitant à l’occasion parler plutôt de mon insertion
dans ce mouvement et de ma propre pratique. Je renvoie ceux qui s’intéressent à
l’approche historique au travail de mon amie Claudia Boddin, dont la thèse
“L’avènement du freudisme au Brésil et l’implantation du mouvement lacanien à
Rio de Janeiro” a été présentée à Paris
l’année dernière.
Si j’ai mis dans le titre de mon exposé
le mot enseignement et non pas théorie, c’est dans la mesure où je
crois que l’entrée de Lacan au Brésil a eu lieu essentiellement en fonction de
la clinique, et que je considère qu’un enseignement de psychanalyse est, en
dernière instance, un enseignement clinique et non pas théorique. D’autre part,
amputer l’enseignement de Lacan de sa dimension clinique, comme cela semble
être le cas aux États Unis, ce serait neutraliser l’accent qu’il a lui même
donné à la psychanalyse en tant que pratique. Dans ce sens, si la théorie
lacanienne est aujourd’hui présente dans l’université de façon effective, il
faut reconnaître que c’est de l’expérience clinique des analystes qu’elle
retire sa plus grande vigueur.
L’ENTRÉE DU MOUVEMENT
LACANIEN :
LA DÉMÉDICALISATION DE
LA PSYCHANALYSE
Dès
la moitié des années 70, M.D. Magno, un chercheur dont le domaine était celui
des arts plastiques, a commencé à enseigner Lacan, d’abord dans des conférences
ouvertes à un large public, puis dans le cadre du Colégio Freudiano do Rio de
Janeiro, première institution psychanalytique d’orientation lacanienne, dans
cette ville, fondée par M. D. Magno avec Betty Milan ; je m’y suis associé
en 1975, à ses débuts, alors que je poursuivais encore mes études de médecine. Ce groupe, tout en
prenant la parole dans la presse, n’a pas mis longtemps à conquérir un espace
grandissant dans le milieu psychanalytique.
La
grande majorité des analystes lacaniens de cette génération est passé par le
Colégio pendant au moins quelque temps; pourtant, plusieurs scissions ont eu
lieu au sein de ce groupe pionnier, à partir desquelles d’autres institutions
se sont formées. Même si son fondateur a toujours suscité une grande polémique
dans le milieu intellectuel et psychanalytique, il faut dire que M.D. Magno,
dont la connaissance de l’oeuvre de Freud est profonde, a transmis à l’aube du
lacanisme au Brésil les bases de la théorie lacanienne d’une façon originale et
féconde, toujours articulée à l’oeuvre freudienne. Je souligne comme
caractéristique principale de la transmission réalisée par cet auteur son
approche rétroactif de Freud et de Lacan à partir de ce qu’il considérait la
dernière partie et la plus importante dans l’enseignement de Lacan : la
partie contenant les formules quantiques de la sexuation, la topologie, les quatre discours et la
tripartition structurelle R.S.I.[2]
Cette tâche de transmission
était à ce moment inaugural une réussite, car elle attirait l’attention sur la
nouveauté de la pensée lacanienne, en particulier sur son rigoureux rapport à
la lettre de Freud.
À
partir du Colégio, un grand mouvement revitalisant s’est produit dans la
communauté psychanalytique en son ensemble favorisant l’étude et la recherche.
Si son effet a été celui de mener les psychanalystes à approfondir leur
questionnement des bases de la pratique analytique, on peut voir là un effet
proprement analytique, les analystes étant amenés à se confronter avec le
non-savoir qui est au coeur même de leur pratique. Freud avait déjà observé
qu’en analyse, on ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va.
Si
dans les années 70, la psychothérapie de groupe s’était énormément diffusée,
surtout parmi les jeunes, elle n’existe pratiquement plus aujourd’hui. À
l’époque, les facteurs contribuant à sa diffusion étaient surtout liés au prix
de la séance moins élevé par rapport au prix d’une séance individuelle, mais
aussi à la situation imposée par la dictature brésilienne qui provoquait chez
les jeunes la quête du groupe comme lieu de renforcement. L’IPA s’est chargée
de créer une société de psychothérapie de groupe composée d’analystes formés au
sein de cette institution, pour faire face à la demande croissante de ce type
de spécialistes. L’apparition du mouvement lacanien, avec pour conséquence la
légitimité acquise par les psychologues en ce qui concerne la formation
analytique, a rapidement eu comme effet l’extinction de la pratique de groupe,
étant donné que les honoraires de séance d’analyse individuelle n’étaient plus
réglementés par les tarifs médicaux pratiqués dans l’élite économique.
La
situation trouvée par les premiers analystes du courant lacanien au Brésil a
été semblable à celle trouvée par Lacan dans les années 50, lorsqu’il a donné
origine à son mouvement, celui du « retour à Freud ». La pratique de
la psychanalyse monopolisée par l’IPA était régie par une médicalisation de la
psychanalyse et par le rejet de l’analyse profane. J’ai d’ailleurs moi-même
poursuivi des études de médecine en
raison de l’exigence faite aux psychanalystes d’avoir une formation médicale.
Il arrivait que des psychiatres fassent une formation psychanalytique,
uniquement pour en obtenir le titre et
s’élever ainsi à un plan prestigieux de superpsychiatre.
La
conception d’une pratique analytique démédicalisée a eu une forte influence sur
la diffusion des idées de Lacan. En outre les représentants de celui-ci
venaient en public exposer ses idées, donnant des conférences dans les
universités et des interviews dans la presse, ne restant pas, comme les
analystes de l’IPA, enfermés entre les quatre murs d’un cabinet, auréolés par une espèce de mystère
initiatique. L’impression de ceux qui ont vécu cette période inaugurale
d’ébullition quant à l’enseignement de Lacan au Brésil est celle a posteriori de ce que la psychanalyse
était mortifiée par un violent processus d’idéologisation. Lacan est venu
apporter un souffle bienfaisant au milieu psychanalytique étouffé par la
pratique kleinienne, si psychologisante en ses interventions et par un
resserrement élitiste des sociétés de psychanalyse. Tout s’est passé comme si
les psychanalystes avaient été soudain secoués dans leur conformisme, ce qui
les obligeait à prendre la parole quant
aux questions liées à la pratique psychanalytique et à la culture en général.
Un effet collatéral marquant cette période
inaugurale a été néanmoins l’usage mimétique et irréfléchi des séances courtes
pratiqué par certains analystes, ce qui nous le savons n’est pas l’apanage des
brésiliens. Faisant l’objet d’intenses
polémiques, cela a produit de nombreuses résistances au discours lacanien, et
les analystes non lacaniens en ont profité à leur tour pour attaquer Lacan en
bloc: ils affirmaient dans la presse à l’époque que les lacaniens étaient en
train de détruire[3] la
psychanalyse. Un autre effet collatéral lié à l’usage du temps logique
“chronométré” en cinq minutes a été la réduction de l’interprétation à un
simple jeu de mots au détriment d’une dimension plus profonde de la
psychanalyse.
En
effet, l’accent mis sur la lecture de Freud et sur le questionnement des
déviations idéologisantes a produit non seulement une poussée dans le sens de
l’étude et de l’approfondissement, mais aussi la nécessité qui en découle
d’élaborer la différence entre rigueur et rigidité dans la manière de conduire l’analyse. Tout est devenu
l’objet d’un renouvellement intense: la place du psychanalyste, l’objet de
l’analyse, le mode d’opération du psychanalyste. Tout ce qui était jusque là
soutenu de façon dogmatique était radicalement remis en question. Peu à peu les
conceptions les plus traditionnelles tombaient, aussi bien en ce qui concerne
la pratique clinique que la formation psychanalytique, par exemple la
distinction entre analyse didactique et analyse thérapeutique prenait fin. La
fréquence des séances et la durée d’une séance, adoptéés jusque là de façon
irréfléchie, ont été également remises en question.
Il
est vrai que ce questionnement a donné lieu à son tour à des excès quant à
l’adoption de nouvelles formules liées d’un côté à un modisme qui s’empare de
toutes les pratiques humaines et de l’autre à un manque d’approfondissement
suffisant de l’expérience. Ainsi, l’usage systématique de séances de courte
durée peut nous apparaître comme aussi peu congruente avec la vérité que
requiert toute expérience d’un
psychanalyste que l’usage de la séance chronométrée en cinquante minutes. L’une
aussi bien que l’autre mimétisent les pratiques de deux psychanalystes très
singuliers, Lacan et Freud, et se caractérisent par le fait qu’elles ne
tiennent pas compte de la nécessité pour le psychanalyste de devoir trouver son
style propre dans la conduite du traitement, car, ainsi que Freud l’a observé
dans l’un de ses écrits sur la technique, ce qu’il désignait n’étaient pas des
formes protocolaires d’analyser, mais des manières qu’il avait lui-même
trouvées et qui correspondaient à un choix personnel.
De nos jours, il y a une plus grande
maturité et une assimilation plus subjectivée des contributions si
fondamentales de Lacan. Si actuellement la diffusion de la pensée lacanienne
est omniprésente dans la psychanalyse brésilienne, je pense que cela est dû à
la force même de son enseignement et à la vérité dont ses séminaires et ses
écrits sont porteurs. L’impact de son enseignement au Brésil est considérable,
et il s’inscrit dans un courant qui a renouvelé la clinique psychanalytique. Si
l’enseignement de Lacan a connu une si grande répercussion, cela advient du
fait qu’il a opéré un véritable refondement de la psychanalyse.
On
sait qu’aux Etats Unis la pratique de la psychanalyse a connu une énorme
diffusion, et a subi ensuite un grand déclin. Comme l’a montré Gérard Pommier
en l’un de ses travaux, le maintien de la vie de la psychanalyse dépend de ce
qu’elle puisse demeurer fidèle à l’éthique qui lui est propre, sans quoi elle
s’homogénéise à tant d’autres pratiques dites psychothérapiques qui prolifèrent
d’année en année, perdant toute raison d’être. Dans cette optique, je me
demande à quelles conditions la pratique de la psychanalyse peut préserver son
fil tranchant de vérité sinon en préservant sa place qui est celle d’une
interrogation continue à partir des prémisses freudiennes qui l’ont élaborée
originellement.
Alors
qu’au Brésil, de façon semblable à ce qui s’est produit aux Etats Unis, l’IPA
ouvrait ses portes à une idéologisation de la pratique, considérant la lecture
de Freud comme quelque chose de secondaire pour la formation des psychanalystes,
Lacan attirait l’attention sur la radicalité très souvent méconnue et sur la
fécondité également inexplorée du texte freudien.
La
psychanalyse est la pratique de la psychanalyse, dont la fonction originale
inédite est celle de maintenir un rapport avec le savoir en tant que vérité. Il
s’agit d’une pratique qui n’admet pas de dominations, comme celles qui sont
propres au discours du maître, car dans le cas contraire elle retournerait à
une étape prépsychanalytique, comme celle où les psychiatres se livraient à
l’hypnose et à la suggestion que Freud rejetait si vigoureusement.
Il ne
s’agit pas ici d’énumérer les distinctions fertiles que Lacan a établies dans
le champs théorique. Je ne voudrais signaler qu’une idée, celle concernant son
élaboration théorique sur l’inconscient structuré comme un langage qui lui a
permis de situer dans la clinique le lieu de l’analyste comme lieu d’une docte ignorance et de concevoir l’interprétation exclusivement dans sa
relation avec le dire de l’analysant, préservant ainsi la valeur primordiale de
l’écoute de la parole du sujet.
LA
TRANSMISSION DE LA PSYCHANALYSE
Comme il a
été proposé dans le cadre de ce colloque, en même temps qu’il a affirmé
l’impossibilité de la transmission de la psychanalyse, Lacan a toujours
travaillé dans le sens de la rendre possible, en insistant sur le fait de ce
que son enseignement visait un “effet de formation”. Je comprends par là que,
pour Lacan, il est impossible de transmettre la psychanalyse sans une étroite
imbrication entre théorie et pratique,
c'est à dire sans que le sujet soit lui-même traversé par l’expérience: n’y
voit-on pas là l’une des caractéristiques de son fameux style d’écriture qui
est de requérir l’inclusion du sujet dans le processus d’élaboration théorique?
Si l’éthique de la psychanalyse doit être comprise en son caractère inédit de
“l’éthique du bien-dire”, quant au psychanalyste elle doit certainement
impliquer en la nécessité d’inclusion de ces signifiants de la théorie dans son
bien-dire, de façon à ce que ces signifiants se renouvellent et prennent de la
vie pour que les concepts ne soient pas de simples signes.
Il s’avère
évident que Lacan ne se satisfaisait pas du fait qu’une pratique ne doive pas
être éclaircie pour opérer, comme il l’observe lui-même dans Télévision. D’un côté, la psychanalyse est intransmissible, en
tant que totalité d’un savoir, dans la mesure où elle-même est pas-toute et la
question “qu’est-ce que l’inconscient?” insiste à se présenter. D’un autre
côté, c’est ce pas-tout, en tant que véritable matrice de la structure de
l’inconscient, écrit par Lacan sous le mathème S(A), qu’il importe de
transmettre et celui-ci ne peut être transmis que par une psychanalyse. En se sens, on peut affirmer qu’il est nécessaire
que la transmission de la
psychanalyse se fasse à partir de l’expérience d’une psychanalyse.
Si nous
abordons ces innovations apportées par Lacan sous le prisme des quatre
discours, il n’est pas difficile de mettre en évidence qu’il s’agit de
concevoir l’expérience non plus sous le prisme du discours universitaire, pour
lequel le savoir règle toute l’expérience de production du sujet bien pensant,
mais plutôt l’expérience à partir de sa spécificité propre, celle du discours
psychanalytique, à partir de l’inclusion du réel, du non-savoir au coeur même
de l’expérience. Comme nous le rappelle le poète brésilien Manoel de Barros,
“perdre le rien est un appauvrissement”.
Ainsi, je
considère que les innovations apportées par Lacan dans le domaine de la
formation psychanalytique, lorsqu’il affirme, par exemple, en un mot d’esprit,
qu’il n’avait jamais parlé de formation psychanalytique, mais plutôt de formations de l’inconscient, sont la
traduction exigée dans le coeur de la psychanalyse en extension des conquêtes
faites dans la psychanalyse en intention. Ainsi que l’a observé Luciano Elia,
lors de nos entretiens concernant cette rencontre, il y a pour Lacan une
continuité moebienne entre intention et extension. De cette façon, la formation
psychanalytique doit être envisagée comme quelque chose de beaucoup plus
complexe qu’un cours de structure universitaire.
Ce que je
crois être un point essentiel au coeur de ce débat, Lacan y ayant renouvelé au
plus haut degré le rapport entretenu par les analystes avec leurs propre
expérience, c’est le fait qu’il est nécessaire de préserver dans les critères
institutionnels et de formation le même gradient d’énigme inhérent à
l’expérience de l’analyse. Si l’apparente issue en est que la formation de
l’analyste a été facilité à partir de l’aphorisme lacanien selon lequel «le
psychanalyste ne s’autorise que de lui-même», on voit à l’opposé que la
difficulté inhérente à la formation, ce
que Lacan a appelé “le réel en jeu dans la formation du psychanalyste”, a été préservée
sans les leurres des modalités propres au discours universitaire.
Si Lacan a
observé que la seule certitude que le sujet peut avoir est celle qui advient de
son propre désir, il faudrait rappeler que, quant au psychanalyste, sa seule
certitude doit advenir de son désir de psychanalyste, c’est à dire, d’un désir
qui se traduit par le désir de ce qu’il y ait analyse, lequel en somme renvoie
au désir de ce qu’il y ait analyste. De toute façon il importe d’insister avec
Alain Didier-Weill sur le fait que « la tache que Lacan nous a laissée, par
son travail de retour à Freud, est d"une grande exigence, car ce retour se
spécifie de ne pas pouvoir se réaliser une fois pour toutes» [4].
Pour
terminer, j’observerais un parallèle entre le procédé analytique et certaines
formulations de Thomas Kuhn dans le domaine de l’épistémologie de la science
qui attire notre attention depuis
quelques temps. Se référant à la question du talent du scientifique pour
la création, Kuhn s’est opposé à l’idée de considérer comme condition exclusive
pour le scientifique le fait d’avoir une aptitude particulière pour ce que
certains auteurs ont appelé la pensée
divergente, c’est à dire la possibilité de contrarier le savoir acquis dans
son domaine d’étude. Insistant sur le fait qu’au contraire la pensée convergente est également
nécessaire pour que le scientifique puisse créer, Kuhn a souligné que ce dont
on ne peut pas se passer, c’est de pouvoir maintenir une tension essentielle entre la pensée convergente et la pensée
divergente.
Je n’ai pas
mentionné un certain segment du mouvement lacanien, à l’aspect militaire et
dogmatique, qui s’est propagé ces dernières années. Au Brésil il rassemble un
grand nombre de jeunes étudiants et de nouveaux diplômés, souvent depuis
l’université, au tour de psychanalystes qui nourrissent un considérable désir
d’expansion. Son caractère parfois abrupt me semble incompatible avec la
délicatesse inhérente à la psychanalyse, soit au niveau de la théorie soit dans
la pratique. Mais comme tout implique un prix, la brutalité engendre déjà la brutalité.
Ces jeunes-là grandiront aussi et sauront le moment venu où chercher une
légitimité qui ne soit pas purement imaginaire et faite d’idéaux de pouvoir.
Ainsi que Freud observait par le fait que le sujet n’oublie jamais ce qu’il a
appris dans le transfert, ce que le sujet a conquis en tant que vérité, il ne
l’oubliera jamais.
J’ai
confiance en mon expérience et en celle de mes confrères brésiliens, car le
Brésil est un pays riche en poètes et en musiciens, et son nom désigne le
brasier qui maintient vivant le feu qu’un jour les hommes ont su conquérir.
Cette étincelle créatrice qui est au coeur de toute expérience subjective
vraie, c’est ce qui fait mouvoir le travail de tant de psychanalystes
brésiliens qui ont adhéré à l’enseignement de Lacan. C’est cela qui importe et
c’est cela que nous valorisons avec enthousiasme, souhaitant également le voir
valorisé par nos collègues français.
Traduction du brésilien par Ana Maria de
Alencar, revue par l’auteur.
Marco Antonio Coutinho Jorge est
médecin, psychiatre, psychanalyste, membre du Corpo Freudiano do Rio de Janeiro
– Escola de Psicanálise, auteur de plusieurs articles et des livres :
« Sexo e discurso em Freud e Lacan » et « Os fundamentos da
psicanálise – uma introdução lacaniana », publiés par Jorge Zahar Editor,
Rio de Janeiro.
[1] Je
remercie Luciano Elia et les membres du
Corpo Freudiano do Rio de Janeiro – Escola de Psicanálise du riche dialogue qui
s’est établi durant l’élaboration de ce travail, ainsi que Gilsa Oliveira pour
sa lecture finale et ses observations pertinentes.
[2] Dans une conférence donnée à Paris à la
Maison de l’Amérique Latine en 13/2/1989 intitulée Pleroma: Freud de nouveau,
j’ai détaillé les grandes lignes de ce travail.
[3] Mais “détruire” en argot brésilien, cela veut
également dire de façon antithétique “être expert en quelque chose”!
[4] Didier-Weill,
Alain, “L’esprit de l’interassociatif”, p.1